" Rude été"
(âmes en panne et en grande souffrance)
© 2002
  1,10 x 0,85 m
Photo : Laurence Martin
 
Coton peint, quilté main avec du coton perlé, laine et coton perlé couchés à la machine avec des fils de même couleur ou contrastants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Il était une fois une Contrée. Cette Contrée était un paradis.

Que de paysages magnifiques et de villages enchanteurs : montagnes, mers, collines et paysages bucoliques, forêts, arbres de toutes espèces, marais et presque déserts, et puis cette architecture si riche et si fine !

Le climat doux permettait à toutes sortes de fruits, de légumes et de fleurs de pousser toute l'année. Quel endroit formidable pour vivre ! 

Cependant, les habitants de la Contrée ne semblaient pas se rendre compte de la chance qu'ils avaient de vivre sur une si belle terre. 

Ils se battaient entre eux et contre eux-mêmes, en compétition permanente, demandant toujours plus : plus d'argent, plus de biens matériels, plus de travail, plus de droits, plus de résultats, à l'école ou au travail, plus d'ascension sociale, plus de récompenses de toutes sortes, et encore plus de ceci ou encore plus de cela...   

Au fil des années et des générations, l'Esprit les avait quittés, eux et leur Contrée. Ils n'en avaient pas conscience car ils étaient bien trop occupés à se battre et à chercher à avoir toujours plus. Ils ne savaient même plus qui ils étaient, ni pourquoi ils vivaient. Ils ne savaient même plus ce qu'était l'Esprit !

Quelle tristesse de voir de plus en plus de leurs enfants mourir parce qu'ils ne supportaient plus ces combats ni cette compétition, parce que l'espoir d'une vie pleine de sens les avaient définitivement abandonnés...

Quelle tristesse de voir de plus en plus de leurs enfants mourir en eux-mêmes, flamme presque éteinte, en grande souffrance, proches du désespoir car ne sachant plus où se tourner pour trouver une vie meilleure et pour raviver la flamme...

Combien de leurs enfants devaient sombrer dans la violence, dans la folie ou devaient mourir pour que les habitants de la Contrée enfin se réveillent ? Pour qu'ils commencent à voir la vie autrement ? Pour qu'enfin ils vivent pleinement le chemin de la joie et du talent, le chemin de la Vie, et qu'enfin ils en ouvrent la voie à leurs enfants ?"

Laurence Martin

Eté 2002